Qui paie les frais du divorce ? Avocats, notaire, impôts : la répartition

Dans un divorce amiable, chaque époux paie son propre avocat. Les autres frais, comme le dépôt chez le notaire ou l'état liquidatif, sont répartis par la convention de divorce ; à défaut de précision, ils sont partagés par moitié (article 1144-5 du Code de procédure civile). L'époux qui a l'aide juridictionnelle ne peut pas en supporter plus de la moitié.

Qui paie l'avocat dans un divorce par consentement mutuel ?

Chaque époux paie le sien. Service-public.gouv.fr le dit simplement : « Chaque époux doit régler son avocat. » C'est la conséquence directe de l'obligation d'avoir un avocat par époux (article 229-1 du Code civil).

Chaque avocat signe sa propre convention d'honoraires avec son client. Les deux montants peuvent donc être différents : l'un des époux peut payer plus que l'autre parce qu'il a choisi un avocat plus cher, ou parce que son dossier demande plus de travail.

Cette séparation a une raison. Votre avocat défend uniquement vos intérêts et doit rester indépendant de l'autre époux. C'est pourquoi la répartition libre prévue par la loi porte sur les « frais du divorce », et non sur les honoraires de chacun. Si l'un de vous envisage de financer l'avocat de l'autre, posez la question à vos avocats avant de l'écrire.

Qui paie le notaire et les autres frais ?

C'est la convention de divorce qui décide. L'article 1144-5 du Code de procédure civile prévoit que la convention fixe la répartition des frais du divorce entre les époux. À défaut de précision, ils sont partagés par moitié.

Les « frais du divorce » visés ici sont ceux qui ne relèvent pas des honoraires de chacun : le dépôt de la convention chez le notaire (49,44 € TTC pour le couple), les frais de l'état liquidatif notarié s'il y a un bien immobilier, et les frais annexes comme des traductions d'actes étrangers.

PosteQui paie ?Règle
Honoraires de votre avocatVousVotre convention d'honoraires
Honoraires de l'avocat de votre conjointVotre conjointSa convention d'honoraires
Dépôt chez le notaire (49,44 €)Selon la convention24,72 € chacun à défaut
État liquidatif, formalitésSelon la conventionMoitié à défaut
Droit de partage (1,10 %)Selon la convention et l'acteImpôt dû au Trésor public

Un époux peut-il payer plus que l'autre ?

Oui, si vous êtes d'accord et que c'est écrit. La règle de la moitié ne s'applique qu'à défaut de précision : la convention peut prévoir toute autre répartition, par exemple 70 % et 30 %, ou la prise en charge totale d'un poste par l'un des époux.

Une répartition inégale est fréquente quand les revenus sont très différents, ou quand l'un des époux garde le logement et l'essentiel du patrimoine. Elle peut aussi faire partie d'un équilibre global négocié entre vos avocats.

Une limite existe toutefois : la répartition doit rester cohérente avec le reste de la convention. Les avocats vérifient que l'accord dans son ensemble n'est pas déséquilibré au détriment de l'un de vous. Le détail des clauses figure dans notre guide sur la convention de divorce.

Que change l'aide juridictionnelle d'un des époux ?

Elle protège l'époux qui en bénéficie. La convention ne peut pas mettre à sa charge plus de la moitié des frais du divorce, précise service-public.gouv.fr. L'article 1144-5 du Code de procédure civile renvoie sur ce point aux règles de l'aide juridictionnelle.

En pratique, la convention peut donc prévoir que l'époux non bénéficiaire paie davantage, voire la totalité des frais communs, mais pas l'inverse. L'époux aidé ne peut pas « compenser » son aide en prenant à sa charge les frais de l'autre.

Les plafonds de ressources 2026 et la démarche sont détaillés dans notre guide aide juridictionnelle et divorce amiable. Pour 2026, l'aide est totale jusqu'à 12 957 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule.

Qui paie le droit de partage et l'état liquidatif ?

Ce sont souvent les montants les plus élevés, et ils se répartissent aussi par la convention. Le droit de partage est un impôt de 1,10 % de l'actif net partagé (article 746 du Code général des impôts) ; l'état liquidatif est l'acte notarié qui fait les comptes entre vous, avec des émoluments réglementés.

Plusieurs solutions sont possibles. Les époux peuvent les partager par moitié, les répartir selon ce que chacun reçoit, ou les faire supporter par celui qui conserve le bien. Quand un bien est vendu, ces frais sont souvent réglés sur le prix de vente, avant le partage du solde.

Exemple : Sarah garde la maison

Sarah et Paul partagent une maison dont l'actif net est de 180 000 €. Le droit de partage s'élève à 180 000 € × 1,10 % = 1 980 €. Sarah garde la maison et verse une soulte à Paul. Ils conviennent qu'elle supporte seule le droit de partage et les frais de l'état liquidatif, en contrepartie d'une soulte calculée en conséquence. Le dépôt de 49,44 € reste partagé par moitié, faute d'autre précision.

Peut-on payer les frais avec le compte joint ?

C'est possible, mais ce n'est pas neutre. Payer avec le compte joint ou avec de l'argent commun revient à faire supporter la dépense par les deux époux, quelle que soit la répartition prévue ailleurs.

Si chacun paie son avocat avec des fonds communs, l'effet est le plus souvent équilibré. Si un seul l'utilise pour son avocat, ou pour régler une dépense que la convention met à sa charge, l'écart doit être pris en compte dans les comptes entre vous. Signalez donc à votre avocat tout paiement fait depuis un compte commun, pour qu'il soit intégré à la liquidation.

Le plus simple reste de payer ses propres honoraires depuis un compte personnel, et de répartir les frais communs selon ce qu'écrit la convention. Notre guide sur le compte joint pendant le divorce explique comment le clôturer ou le conserver.

Et dans un divorce devant le juge, qui paie ?

Les règles sont différentes, car il y a un procès. Chaque époux paie toujours son avocat, mais d'autres frais apparaissent.

Pour introduire une demande de divorce devant le juge, une contribution de 50 € est désormais payée par l'époux demandeur, selon service-public.gouv.fr. Les dépens, c'est-à-dire les frais de procédure comme les actes de commissaire de justice, sont partagés par moitié entre les époux, sauf décision contraire du juge.

Le juge peut aussi condamner un époux à verser à l'autre une somme pour ses frais d'avocat. Le divorce amiable évite ces aléas : la répartition y est décidée par vous, et connue d'avance. Notre guide coût d'un divorce judiciaire compare les deux procédures.

Questions fréquentes

Celui qui demande le divorce doit-il tout payer ?

Non. Dans un divorce amiable, il n'y a pas de demandeur : les deux époux sont d'accord. Chacun paie son avocat et les autres frais sont répartis par la convention, ou par moitié à défaut. Devant le juge, seule la contribution de 50 € pèse sur le demandeur.

La répartition des frais peut-elle être modifiée après le divorce ?

Elle fait partie de la convention, qui a force exécutoire une fois déposée chez le notaire. La modifier suppose en principe un nouvel accord des deux ex-époux, ou une action en justice. Mieux vaut donc la discuter avec soin avant la signature.

L'époux qui part du logement doit-il payer plus ?

Non, aucune règle ne fait dépendre la répartition des frais du départ du logement. Seule compte la convention, ou la règle de la moitié à défaut. Le départ du logement a en revanche d'autres conséquences, à voir avec votre avocat.

Les frais du divorce entrent-ils dans la prestation compensatoire ?

Non, ce sont deux choses distinctes. La prestation compensatoire compense une disparité de niveau de vie créée par la rupture. Les époux peuvent toutefois tenir compte de la répartition des frais dans leur équilibre global, que leurs avocats vérifient.

Sources